Ce que disent les chiffres officiels

Ressources naturelles Canada compare les deux produits dans son guide Emprisonnons la chaleur.

Le silicone comble des joints jusqu'à 25 mm avec un fond de joint. Il accepte un mouvement de 12 à 50 % selon le produit et dure plus de 20 ans. Il s'emploie à l'intérieur comme à l'extérieur.

Le polyuréthane comble aussi des joints jusqu'à 25 mm avec un fond de joint. Il accepte un mouvement jusqu'à 50 % et dure plus de 25 ans. Il se réserve à l'extérieur et sèche lentement.

Sur ces seuls chiffres, c'est presque égal. La différence se joue ailleurs : le soleil, la peinture et la surface.

Le soleil et les intempéries

Un joint extérieur vit dehors toute l'année. Il reçoit le soleil d'été, la pluie, la neige et le gel.

Au Québec, un même joint passe de la chaleur de juillet au gel de janvier, avec des redoux entre les deux. Le produit doit rester souple dans tous ces écarts, sinon il durcit, fendille et laisse entrer l'eau. C'est là que les deux familles se distinguent.

This Old House signale que le polyuréthane se dégrade au soleil s'il n'est pas peint. Sur une façade exposée où le joint restera à nu, c'est un point à considérer.

Le silicone architectural est conçu pour ces conditions. La fiche de Dow décrit le DOWSIL™ 791 comme pratiquement insensible au soleil, à la pluie, à la neige et à l'ozone. Il durcit au contact de l'humidité de l'air. Il ne se pose toutefois pas sur une surface givrée ou mouillée : la préparation compte autant que le produit.

La peinture : le vrai critère

C'est souvent la question qui tranche. Le joint doit-il être peint ?

Si oui, prenez un polyuréthane. RNCan indique qu'il se peint, et la peinture le protège en plus du soleil.

Si non, le silicone a l'avantage. La fiche du DOWSIL™ 791 précise que la peinture n'y adhère généralement pas. On choisit donc une couleur de scellant qui s'agence au revêtement. On offre plusieurs couleurs, des blancs aux bruns en passant par les gris et le bronze, et on les compare sur place avec votre revêtement.

Le mouvement du joint et la norme ASTM C920

Les matériaux d'un bâtiment bougent. La brique, l'aluminium et le bois prennent de l'expansion à la chaleur et se contractent au froid. Le joint doit suivre sans se déchirer ni se décoller.

Pour les scellants professionnels, la norme américaine ASTM C920 classe les produits selon le mouvement qu'ils supportent. Plus le numéro de classe est élevé, plus le joint accepte de mouvement.

Selon sa fiche technique, le DOWSIL™ 791 répond à la norme ASTM C920, classe 50, avec une capacité de mouvement de ±50 %. C'est ce qui permet de l'utiliser sur des façades et des murs-rideaux, où les joints travaillent beaucoup.

Un conseil : quel que soit le produit, regardez sa fiche technique. Une cartouche qui ne mentionne aucune norme ni aucun pourcentage de mouvement ne vous dit pas comment le joint se comportera.

La surface et la pose

La surface compte autant que le produit.

Sur le bois, This Old House note que le silicone adhère mal. Le bois doit être sain, sec et bien préparé. S'il est pourri, il faut le réparer avant de calfeutrer, ou le protéger par un recouvrement d'aluminium. Un bois que l'on veut peindre appelle plutôt un polyuréthane.

Sur la brique, la pierre et le béton, la fiche de Dow présente le 791 pour les joints de raccordement et de périmètre, et pour les façades.

Sur l'aluminium, la fiche du 791 indique qu'il adhère sans apprêt à de nombreux matériaux. C'est aussi le scellant qu'on pose aux jonctions d'un recouvrement d'aluminium.

Un bon scellant mal posé ne tiendra pas. Quelques règles valent pour les deux familles.

La surface doit être propre et sèche. Québec recommande d'enlever la peinture qui pèle, la poussière et l'ancien calfeutrage. La fiche du DOWSIL™ 791 interdit la pose sur une surface givrée ou mouillée.

Dès 6 mm de large, on pose un fond de joint, selon RNCan. Le scellant colle alors aux deux côtés du joint et garde une épaisseur régulière.

Le durcissement prend du temps. Selon sa fiche, le DOWSIL™ 791 durcit complètement en 7 à 14 jours, au contact de l'humidité de l'air. Le polyuréthane, lui, sèche lentement selon RNCan.

Notre choix : la gamme DOWSIL™

Sur nos chantiers, on pose des silicones professionnels de la gamme DOWSIL™, dont le 791 et le CWS. On les choisit selon la surface et l'exposition.

Les joints posés au DOWSIL™ 791 sont garantis à vie, matériaux et main-d'œuvre. Les conditions sont écrites dans votre contrat. Côté outil, on pose nos cordons au pistolet Adfast.

Cela dit, on ne vous impose rien. Si votre devis prescrit un polyuréthane ou un autre produit, on le pose. Si vous fournissez votre scellant, on le pose aussi, et on vous explique ce que ça change pour la garantie.

On travaille aussi en sous-traitance pour des entrepreneurs généraux, avec le produit prescrit au devis. Et on calfeutre toute l'année, été comme hiver.

Questions fréquentes

Peut-on mettre du silicone par-dessus du polyuréthane ?

On ne le fait pas. Un joint neuf posé sur un vieux joint dépend de l'adhérence de l'ancien. Québec recommande de bien nettoyer les joints, ancien calfeutrage compris, avant d'en poser un neuf. Chez nous, on retire l'ancien scellant au complet avant de poser le nouveau.

Le silicone colle-t-il au bois ?

Mal, selon This Old House, surtout sur un bois brut ou abîmé. Le bois doit être sain, sec et préparé. Si le joint doit être peint, un polyuréthane convient mieux. Si le cadre de bois est en mauvais état, un recouvrement d'aluminium peut le protéger.

Lequel dure plus longtemps ?

Selon RNCan, le silicone dure plus de 20 ans et le polyuréthane plus de 25 ans. Ce sont des durées théoriques du matériau. Au soleil, un polyuréthane non peint se dégrade plus vite, selon This Old House. La pose et l'exposition font la vraie différence.

Sources